Journée numérique à Épinal

Le conseil général des Vosges organise une journée CULTURE ET NUMÉRIQUE – Enjeux et opportunités pour les territoires vosgiens, le mardi 12 novembre 2013 de 9 h à 12 h 30.
Différents thèmes sont abordés lors de conférences, d’une projection cinématographique et de débats avec l’auditoire. Une des conférences est faite par Jean-Christophe ELINEAU, conseiller municipal de la commune de Brocas dans les Landes, qui a décidé de libérer ses données publiques. Cette démarche d’ouverture des données publiques s’intègre dans une politique d’innovation ouverte et de développement des nouvelles technologies et des logiciels libres dans la commune.

L’accès est libre et gratuit.

 

Compte-rendu succint :

Ouverture de la journée par Guy Martinache, Vice-président du Conseil général des Vosges, délégué au tourisme, à la culture et aux collèges.

  • Salutations — présence de plusieurs élus
  • Prise de conscience du rapport entre les outils numériques et les contenus : quels contenus pour quels outils ?
  • Postulat: le numérique change les pratiques, que ce soit dans les zones urbaines comme dans les zones rurales. À condition d’avoir un accès minimal au réseau. -> 5 millions d’euros par an est dédié au réseau dans les Vosges
  • Enjeux: démocratisation de l’accès à la connaissance et à la culture

Conférence par Pascal Desfarges, directeur de l’Agence Retiss : « Numérique et développement culturel : enjeux et perspectives »

Evolution des pratiques culturelles, mobilisation de nouveaux publics, re-dynamisation des espaces de participation et de co-construction sont autant de problématiques mais aussi d’opportunités offertes par la « révolution numérique ».
Les cultures numériques, aujourd’hui communément diffusées, amènent les acteurs culturels (institutionnels comme associatifs) à repenser leurs modes d’intervention sur les territoires. Pascal Desfarges, spécialiste de prospective technologique et fin connaisseur des cultures numériques, propose une analyse de ces mutations, tout en valorisant quelques démarches de territoires ayant eu recours au numérique.

  • Tous les Conseils généraux en France réfléchissent à ces questions sur le numérique. Présentation de quelques grands invariants.
  • Retour sur l’histoire d’Internet : réseaux centralisés / réseaux décentralisés : architecture Internet — disparition des hiérarchies (mais pas de pouvoir)
  • Internet serait sans contrôle? Non, l’organisation est fonctionnelle et rationnelle. Pas d’anarchie. Seulement, personne ne décide en pouvoir central. Un autre modèle de pouvoir apparaît (cf fourmilière : la reine ne décide de rien, elle pond. Toutes les fourmis s’organisent autour d’elle pour qu’elle ponde). C’est une « hétérarchie » ou un mode « collaboratif » !
  • Notion de désintermédiation : tout le monde peut se connecter directement a quelqu’un d’autre. Exemple : la chaîne du livre qui explose avec le livre numérique. Par exemple, je peux publier mon livre moi-même sur Internet
  • Exemple : Agrilocal, organisé par le CG Puys de Dôme, une plate-forme où les élus d’une commune peuvent s’adresser directement aux producteurs locaux, sur la base d’appels d’offres, sans intermédiaires. Cet exemple va s’étendre à la France entière. Autre exemple : le portail maferme68.fr
  • Le modèle collaboratif démontre que tout le monde peut participer à un projet. Amorce de la fusion entre utilisateur et contributeur.
  • Miniaturisation et utilité des technologies : elles se rapprochent du corps (de l’ordinateur des années 1950 au smartphone/lunettes Google)
  • Dans ce contexte, l’enjeu territorial et politique, c’est l’accès aux ressources : garantir aux citoyens l’accès aux informations. Sans quoi ce sont des sociétés privées qui vont le faire. Pour cela, il y a l’OPEN DATA.
  • Exemple : le Conseil Général de la Gironde : ressourceries Datalocale. Grand projet Open Data.
  • Défaut de l’Open Data : mettre en place un accès général mais ne pas sensibiliser les gens à leur utilisation est une erreur.
  • Bibliothèque universitaire du Texas : le plus grand Atlas connu. Plus de 270 000 cartes libres de droits. L’enjeux est alors dans le partage de l’information et son accès
  • Exemple : Geoculture (Limousin, centre régional du livre).
  • Crowdsourcing : les citoyens peuvent participer à l’Open Data. On entre alors dans une démarche d’enrichissement du patrimoine
  • Exemple : projet MuseoMix. Utiliser les contenus des musées pour monter des projets d’utilisation / hybridation des ressources numériques, audio, etc. Voir aussi le projet BiblioRemix
  • Ministère de la culture : Hackathon
  • Autres exemples : les Fab Lab
  • Simplon.co : coopérative à Montreuil qui forme des personnes en réinsertion /chômeurs au codage. Ils proposent aussi de se déplacer en zones rurales pour apprendre aux gens à coder (par exemple ne pas dépendre d’une société pour faire les pages web de la mairie).

Projection du film de Julie Meitz, vidéaste : « Voyage du Héros ».

Œuvre numérique créée à Domrémy-la-Pucelle en 2012 à l’occasion du 600è anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc.

Cultures et numérique sur les territoires : deux exemples aboutis

L’Espace multimédia Gantner : mais pourquoi un centre d’art dédié au numérique dans un village? (par Valérie Perrin, directrice)

Dans cette question, souvent posée, s’entrelacent d’autres questions qui interrogent la notion de territoire, l’accès à la culture et à l’art numérique en particulier. Des éléments de réponses seront apportés à travers l’expérience singulière de l’Espace multimédia Gantner, lieu de vie culturelle bien ancré dans le quotidien de Bourogne, village de 2000 habitants du Territoire de Belfort.

Brocas, commune Open Data ! (par Jean-Christophe Elineau, Conseiller municipal)

La commune de Brocas, dans les Landes, a décidé de libérer ses données publiques. Une première dans une localité de moins de 1000 habitants en France ! Les données en possession de cette commune (documents, photos, vidéos) constituent un patrimoine immatériel qui peut être mis en valeur pour l’ensemble de la collectivité. Cette démarche d’ouverture des données publiques s’intègre dans une politique d’innovation ouverte et de développement des nouvelles technologies et des logiciels libres dans la commune.

  • Politique menée depuis 2011 sur la libération des données publiques
  • Présentation de Brocas
  • Le numérique : un gros travail a faire pour le village. Mal pris en compte par les équipes précédentes
  • Création du site de la mairie, présence sur les réseaux sociaux…
  • Installation de points d’accès WiFi dans le village (tourisme / gîtes !). Travailler avec l’accès internet de la commune de manière à ne pas payer trop cher l’opérateur historique
  • L’Open Data : toute collectivité / service public, produit des données qui peuvent être diffusés en accès ouvert de manière à être utilisées !
  • Exemple : les finances locales (budgets), listes de subventions, résultats électoraux, démographie et état civil, (attention CNIL), données sur la qualité de l’air, la consommation énergétique des établissement, les horaires des infrastructures publiques, l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, inventaire des bibliothèques, les points remarquables, fréquentation des parking, les plans de villes, fonds de cartes, inventaire botanique des parcs et jardins, les compte-rendus des conseils municipaux, etc.
  • Pourquoi ouvrir ses données? C’est un droits pour les citoyens (art 15 des droits de l’homme et du citoyen). C’est aussi une possibilité d’informer les citoyens et leur permettre de participer à la vie publique. Permettre de développer de nouveaux services innovants. Un outils d’analyse pour les élus et agents publics
  • 1978 : loi CADA. La loi d’accès à l’information.
  • La loi de décentralisation qui sera bientôt votée, obligera les communes de plus de 3 500 habitants à ouvrir ses données publiques.
  • On peut utiliser la licence Open Database licence (OdbL) : ouvrir ses données, c’est aussi les protéger
  • Mission Etalab : coordonner les actions pour diffuser les infos. Data.gouv.fr et etalab.gouv.fr
  • 2009 : création de Libertic, qui porte la démarche Open Data depuis 4 ans.
  • 2013 : création de Open Data France
  • Open Data à Brocas. Expliquer le tout au Conseil municipal (néophytes). Recherche d’un système de gestion de contenu (CMS) permettant de diffuser facilement l’Open Data. Pas évident, il faut un soutien technique
  • Faire de l’Open Data, ce n’est pas mettre n’importe quels documents en ligne. Il faut réfléchir sur le contexte. Par exemple mettre à disposition des données sur les points forts de la commune et ses activités. Il faut établir une stratégie et ainsi collaborer avec la population pour l’associer à la démarche
  • Bilan à Brocas : refonte du site, permettre un accès direct aux ressources. Attention : faire toujours un portail communal pour ne pas se couper de la participation de la population
  • Des jeux de données sur les conseils municipaux, des articles Wikipédia, des photos, des relevés botaniques, un catalogue…

Débats avec la salle et conclusions


Une petite photographie prise par Thierry PIERRAT :

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